Interview : Comment La Saperie Française a réussi sa collecte crowdfunding de 11 500€

Interview : Comment La Saperie Française a réussi sa collecte crowdfunding de 11 500€

Interview : Comment La Saperie Française a réussi sa collecte crowdfunding de 11 500€ 1707 2560 Nina Gil-Martinez

Après avoir analysé la page de leur campagne Ulule, la société La Saperie Française a gentiment accepté de répondre à mes questions afin de vous transmettre des astuces et vous faire gagner du temps si vous aussi vous voulez tenter l’aventure crowdfunding.

Pour rappel, la plateforme La Saperie Française est un site qui réunit toutes les marques made in France afin de faire gagner du temps et de promouvoir des marques éthiques et locales.

Mon entretien avec Léonore, co-fondatrice de La Saperie Française, a été riche d’enseignements, suite à leur expérience du crowdfunding sur Ulule. Je vous conseille de vous munir de vos notes, plusieurs conseils pourront vous servir !

Entretien réalisé le 27 août 2020.

Nina Gil-Martinez : Bonjour Léonore ! Comment se porte la plateforme de La Saperie Française depuis la campagne ?

Léonore : Très bien ! Nous sommes en train de finaliser la dernière version du site, qui sera mise en ligne très prochainement. Cette version aura des nouvelles fonctionnalités qui manquaient sur le site comme la géolocalisation pour trouver des boutiques proches de chez soi, l’ajout de photos pour les marques, etc. Nous allons également monétiser notre site dès la rentrée, nous allons donc avancer de manière conséquente à partir de là.

N.G. : À l’origine, pourquoi avoir fait une campagne de crowdfunding pour lancer La Saperie Française ?

L. : Pour plusieurs raisons, la première : nous l’avons envisagé comme une campagne de communication plus que comme une campagne de financement. C’était une opportunité pour nous faire connaitre, pour débuter notre présence sur internet, d’où le choix d’avoir une identité visuelle qui se démarque de ce qui se fait actuellement, pour vraiment marquer les esprits et que l’on se rappelle de nous. Nous avions également un réel besoin de financement et c’était le moyen qui nous paraissait le plus simple et qui nous évitait de rendre des comptes à des investisseurs ou des professionnels extérieurs.

Le crowdfunding nous permettait de vraiment garder une totale autonomie sur nos choix et notre ligne de conduite, ce qui est très important pour nous.

N.G. : Pourquoi avoir choisi Ulule plutôt qu’une autre plateforme ?

L. : À la base nous hésitions entre Ulule et Tudigo qui sont axés made in France, donc alignés avec notre concept. Mais nous avons choisi Ulule sur recommandation d’un ami et en fonction de la notoriété de la plateforme. C’est un choix qu’aujourd’hui nous regrettons.

N.G. : Pourquoi ?

L. :  Du côté d’Ulule, je n’avais aucune réponse à mes nombreuses questions sur l’algorithme, sur l’affichage de notre projet sur la page, etc. Nous avions juste un robot qui nous envoyait des réponses automatiques et génériques qui ne nous étaient d’aucune aide.

Suite au démarrage de notre projet sur Ulule j’ai également pris contact avec Tudigo et dans la journée suivant l’envoi de mon mail un conseiller m’a rappelé en me posant plein de questions sur mon projet et en se tenant disponible à toute heure pour répondre à mes questions. Malheureusement nous étions lancés et n’avons pas changé notre fusil d’épaule.

L’accompagnement n’avait donc rien à voir et c’est vrai que lorsqu’on démarre, que l’on n’est pas du tout du milieu, c’est primordial d’avoir quelqu’un capable de vous aider et de vous accompagner dans ce process.

De plus, Ulule est resté extrêmement obscur sur leur façon de positionner les projets sur leur site, ceux mis en avant ou non. L’explication qu’ils nous ont donné nous a semblé floue et ne nous a pas convaincue. De leur côté sur Tudigo la mise en avant des projets sur le site est beaucoup plus fluide et beaucoup plus aléatoire, il n’y a pas de préférence entre les projets.

Enfin, il faut savoir que sur Tudigo même si l’objectif de campagne n’est pas atteint, le montant est récupéré par le porteur de projet. (*note de l’auteur : Sur Ulule et d’autres plateformes si l’objectif n’est pas atteint, tous les montants investis sont remboursés aux particuliers.) Si c’était à refaire, notre choix porterait plutôt sur Tudigo.

N.G. : Justement si c’était à refaire, y a-t-il d’autres choses que vous auriez aimé faire différemment ?

L. : Ce serait de communiquer sur une plus longue période, en amont de la campagne. Nous avons commencé environ 3 semaines avant la mise en ligne de la campagne Ulule.

Je pense qu’avec du recul une bonne campagne de communication doit être commencé environ 3 mois à l’avance pour être efficace.

On a senti qu’on aurait eu besoin de plus de temps pour expliquer notre concept aux particuliers, pour éviter certaines confusions.

N.G. : Quels ont été les canaux de communication que vous avez investi pour faire parler de votre campagne et susciter des participations ?

L. : Nous avons investi en grande partie les réseaux sociaux : Facebook et Instagram principalement, et un peu Linkedin. On a aussi eu des articles dans la presse, et on a vraiment senti l’impact de ces publications. À chaque parution, on voyait les participations qui augmentaient.

N.G. : Avez-vous contacté des influenceurs ?

L. : On en a contacté, sans aucun succès ! C’était compliqué de trouver des personnes intéressées car nous n’avions rien à offrir en matériel, puisque notre site est une plateforme de service de référencement en ligne. Et les quelques influenceurs qui étaient d’accord nous proposaient des tarifs beaucoup trop hauts comparés aux possibles retombées et à nos moyens de l’époque.

N.G. : Avez-vous engagé un freelance pour le design de votre page Ulule ?

L. : Oui nous avons engagé la même graphiste freelance pour le design de notre page Ulule ainsi que pour le design de notre site, Sarah Malarde. Elle a créé notre charte graphique, a permis de traduire visuellement tout ce que l’on avait en tête, et a posé les bases de notre communication, ce qui nous a permis de poursuivre cette communication visuelle par la suite.

N.G. : Avez-vous été accompagné par d’autres prestataires ?

L. : Hormis la graphiste freelance qui a créé notre page, et le développeur qui a codé notre site par la suite, non nous n’étions que Julien et moi, les deux porteurs du projet. Pour la vidéo, on s’est entouré d’amis à nous qui travaillaient dans ce domaine et nous avons fait cela ensemble. J’aimerais insister sur le fait que la vidéo est absolument indispensable sur la page d’un projet, pour se présenter, parler de son univers, etc. On voit vraiment la différence quand on fait des articles ou des posts avec ou sans vidéo, il y a un écart majeur.

N.G. : Avez-vous fait appel à de la publicité payante (facebook par ex) ?

L. : Oui on a investi, dans de la publicité facebook, sans résultat. Dans de la publicité sur Instagram aussi qui là a très bien fonctionné. On a également eu des articles payants dans certains magazines qui ont eu un résultat plus que mitigé.

Au final on s’est rendu compte que pour nous, ce n’était pas forcément la publicité payante qui rapportait le plus de visibilité.

N.G. : Avez-vous investi d’autres canaux de communication pendant la campagne ? (newsletter, blog, événements physiques..)

L. : Pas du tout ! En fait nous avons chacun des activités professionnelles à côté de la Saperie, ce qui fait qu’au moment de la campagne nous n’avions pas le temps de créer un blog, de rédiger des articles etc. Il n’y a pas eu d’événements physiques pendant notre campagne mais nous avons sorti notre site pour le Salon du Made In France de novembre 2019 à Paris.

N.G. : Pour terminer, y a-t-il une autre chose que vous auriez faite différemment si c’était à refaire ?

L. : On avait lancé une campagne d’1 mois et demi, on s’est finalement rendu compte que c’était beaucoup trop long. Pour moi, si c’était à refaire, je recommanderai une durée de 3 semaines ou 1 mois maximum. C’est épuisant de gérer une campagne comme celle-là, aussi bien psychologiquement que physiquement. C’est un vrai marathon, avec un grand enjeu sur les épaules, une vraie pression.


Enfin, en discutant avec Léonore, je me rend compte avec elle d’un autre avantage du crowdfunding dont on parle peu : l’opportunité de tester ce qui fonctionne ou non pour sa communication. Pour leur part, entre la publicité gratuite ou payante, les réseaux sociaux, influenceurs, presse, etc, ils ont pu voir ce qui leur apportait plus ou moins de retombées. Ils ont pu tester cela pendant leur campagne de crowdfunding, pendant la première année du projet, où il y a moins de conséquences. Maintenant qu’ils passent à l’étape de monétisation de leur site, la communication va être indispensable et grâce à la collecte de crowdfunding, ils savent maintenant vers quels canaux se tourner.


J’espère que cet article vous aura été utile et je remercie encore chaleureusement Léonore de La Saperie Française pour avoir partagé tous ses apprentissages suite à leur campagne de crowdfunding.

Vous avez un doute sur la page de votre projet ? Vous n’êtes pas sûr d’avoir optimisé la communication visuelle de votre page pour donner envie de participer ? N’hésitez pas à me contacter via cette page, pour une simple discussion, pour avoir quelques conseils, je me ferais un plaisir de vous répondre.